Le 14 juin : Toutes à Genève pour marcher contre le G7 et pour un féminisme solidaire
Cette année notre traditionnel rendez-vous de la grève féministe du 14 juin prend une dimension exceptionnelle. À Genève nous unissons nos voix à la résistance contre le sommet du G7 à Evian.
Pour rappel le G7 réunit sept gouvernements des pays les plus riches du monde (Allemagne, France, Italie, Royaume Uni, Canada, Japon et Etats-Unis) pour décider de l’orientation économique libérale et capitaliste du monde. Depuis les années 70, ce groupe de pays s’arroge le droit de mener et d’imposer des politiques destructrices, impérialistes et coloniales. Leurs décisions ont des conséquences concrètes et tragiques : exploitation débridée des ressources naturelles, précarisation des populations par l’endettement et démantèlement systématique des aides sociales et des services publics.
Ce combat est aussi queer et féministe. Les politiques menées et défendues par ces pays reposent sur une vision patriarcale et autoritaire qui aggrave et maintient les oppressions. Elles nourrissent les violences de genre, les féminicides et les discriminations envers les personnes LGBTIQ+.
Nous rappelons ici que notre engagement est intersectionnel, notre lutte féministe sera toujours contre le capitalisme, le fascisme et l’impérialisme. Nous dénonçons la manière dont ces puissances, avec la complicité de la Suisse, tirent profit des guerres et génocides, notamment au Soudan, en Palestine ou au Congo tout en fermant leurs frontières aux populations qui fuient ces mêmes violences.
Le 14 juin, nous faisons bloc ! Car c’est par la résistance que nous pourrons construire une société juste et inclusive. Le 14 juin, nous marchons contre la toute puissance viriliste qui alimente les violences sexistes et sexuelles et les LGBTIQ+ phobies. Nous marchons pour la solidarité internationale avec les peuples en lutte pour leurs droits, contre les guerres dont les pays du G7 tirent profit en toute impunité. Nous marchons pour une société inclusive, contre le racisme et les politiques migratoires mortifères. Nous faisons bloc car nous marchons ensemble, fières et fortes, pour nos sœurs, pour nos filles, pour nos camarades, pour nous.
Rejoignez-nous au bloc de la grève féministe, qui se trouvera à la tête du cortège à Genève le 14 juin, et marchons ensemble pour un féminisme sans frontières.
Le 14 juin, votons non à l’initiative xénophobe de l’UDC !
Chères camarades, toutes aux urnes ! Le 14 juin, jour de notre grande mobilisation féministe et contre le G7, nous serons aussi appelées à voter sur un texte dangereux : l’initiative de l’UDC « Pas de Suisse à 10 millions ».
Sous couvert de « durabilité », cette initiative mensongère procède d’une logique raciste, en désignant l’immigration et particulièrement les personnes relevant du domaine de l’asile, comme responsables de tous les maux de notre pays (surcharges dans les transports, taux de chômage, pénurie de logement, etc.). Outre le fait que la proportion d’étrangere×s relevant de l’asile soit minime et sans influence sur ces problématiques, ces faits mensongèrs ne visent qu’à alimenter une haine idéologique justifiant de mener des politiques migratoires toujours plus restrictives et meurtrières.
Cette initiative est aussi une offensive contre les droits de tou×tes les travailleure×s. Elle menace directement les accords internationaux essentiels, notamment la libre circulation des personnes, et vise à abolir le droit au regroupement familial. Pour l’ensemble des travailleure×s, les conséquences sociales seraient désastreuses. En précarisant les personnes migrantes qui portent pourtant des secteurs indispensables et majoritairement féminisés comme la santé, les soins à domicile, le nettoyage ou l’hôtellerie, l’initiative fragilise les droits et les protections de toute la classe travailleuse. En s’attaquant aux permis de séjour et en restreignant drastiquement le droit d’asile, l’UDC bafoue les principes humanitaires fondamentaux et le principe de non-refoulement qui protège les personnes fuyant des conditions de vie inhumaines dans leur pays.
Nous ne pouvons pas rester silencieuses face à cette offensive de l’extrême-droite qui cherche à nous diviser. Pour défendre la dignité et les droits de celles et ceux qui sont privée×s de voix, votons NON en force le 14 juin !
Préparer la grande grève féministe 2027 : Tournée romande de militantes basques
Action lors de la manifestation du 30 novembre 2023 à Gasteiz
Alors que nous nous mobilisons contre le G7 et sa planification d’un monde fondé sur l’exploitation du vivant et la domination des corps, nous construisons déjà la suite. La mouvance féministe en Suisse se tourne vers un horizon majeur : la Grève féministe de 2027, qui aura pour thème le travail du « care ».
Le lien avec notre combat actuel est direct. Là où les dirigeants imposent des politiques de coupes budgétaires, de privatisations et de démantèlement des services publics pour garantir les profits et maintenir les richesses et privilèges des ultra riches, nous opposons la valorisation du travail de soin, indispensable à la vie. Ce système capitaliste ne survit que par l’invisibilisation de ce travail, majoritairement assuré par les femmes et les personnes précarisées. Revendiquer le « care », c’est exiger une société qui privilégie la dignité humaine face à une logique patriarcale et capitaliste.
Pour nourrir cette réflexion et préparer la grève, nous accueillons en novembre prochain une délégation de militantes féministes du Pays Basque pour une tournée en Suisse romande. Leur venue est une opportunité précieuse pour discuter concrètement des outils de lutte. Elles viendront partager leurs expériences, notamment sur la façon dont elles réussissent à mobiliser sur le terrain les personnes les plus éloignées des mouvances militantes et plus globalement des outils de lutte à notre disposition pour mobiliser autour du travail domestique et de soin.
Cette solidarité internationale est notre force. En apprenant des succès de nos camarades basques, nous renforçons nos luttes féministes pour 2027. Donc à vos agendas ! Tournée militante au cours de la semaine du 4 novembre 2026 ! À bientôt, pour un programme plus détaillé.
« Lever la tête » – La recherche interdite sur la résistance kurde
1995 : une jeune sociologue turque, chercheuse à l’Université d’Istanbul, spécialiste des populations dites marginales (prostituées, transsexuels, Tsiganes) décide d’enquêter sur un sujet tabou : la résistance kurde, totalement ostracisée par le gouvernement turc. Elle rencontre des militant-e-s du mouvement Serhilan (ce qui signifie lever la tête en kurde), procède à beaucoup d’interviews et de voyages sur le terrain. 11 juillet 1998 : elle est capturée et enlevée dans une rue d’Istanbul, par des policiers en civil. Pendant une semaine, elle est torturée afin d’obtenir les noms de ses interlocuteurs, mais elle tient bon, et elle est jetée en prison durant deux ans et demi. Contrainte à l’exil, elle part pour Berlin, puis s’installe en France à Strasbourg où elle obtient son doctorat en sociologie, puis à Lyon et maintenant à Nice où elle enseigne à l’Université Côte d’Azur. Elle y continue son chemin, sa vie de luttes, sa vie de réflexion. Mais sa recherche sur les Kurdes, c’est comme si elle était terminée, alors qu’elle lui avait été arrachée en plein travail... Elle n’y pensait plus, bloquée par la peur, par le stress post traumatique, certainement. Et voici que 27 ans plus tard, la recherche revient en elle et rejaillit dans sa mémoire. Comme un organisme vivant, elle s’était incrustée au plus profond de son corps, puisque durant la torture, ses bourreaux lui en lisaient des extraits. Ces extraits d’interviews et de réflexions rejaillissent en elle et elle les livre dans ce récent ouvrage, rédigé alors que le parti révolutionnaire kurde, le PKK, se dissout, arrête la lutte armée et décide d’entreprendre des démarches diplomatiques. C’est assez bouleversant !
Mais pas de répit pour Pinar Selek ! Accusée, bien évidemment à tort, d’un l’incendie terroriste au marché aux épices d’Istanbul, elle est poursuivie par le pouvoir turc. Le harcèlement politico-judiciaire, de procédure en procédure et de verdict en appel, a fait que son procès dure depuis bientôt près de trente ans. Et le pouvoir turc est allé jusqu’à l’accuser de terrorisme pour avoir modéré une table ronde sur les femmes migrantes kurdes à Nice… Acquittée en 2006, 2008, 2011 et 2014, le jugement du 5ème procès vient encore d’être repoussé. Pour la 7ème fois. Prochain rendez-vous au tribunal à Istanbul : 18 septembre 2026. Comme à chaque fois, une délégation internationale est en préparation et s’y rendra pour exiger que justice soit faite.
Heureusement, elle est solidairement et moralement soutenue par les associations académiques, pacifistes et féministes, en Suisse comme en France et ailleurs en Europe. C’est ainsi qu’en avril 2026, une petite troupe de la Marche mondiale des femmes et de l’association des femmes kurdes de Genève manifestait une fois encore sa solidarité à l’heroïque Pinar Selek ! Et continuera à le faire, jusqu’à son acquittement.
Ces persécutions ont suscité un puissant mouvement de solidarité dans le monde universitaire, notamment en France où des associations telles que l’AFS (Association française de sociologie) ou l’ASES (Association des sociologues enseignant-e-s du supérieur) se sont mobilisées depuis maintenant plusieurs années en informant leurs membres de la situation de Pinar, en écrivant aux autorités de l’enseignement pour dénoncer cet exemple extrême de tyrannie et en publiant à maintes reprises, dans divers organes de presse, des tribunes sur l’illustration qu’offre ce cas particulier de la remise en cause grandissante des libertés académiques de par le monde.
Nous marchons contre les guerres et le capitalisme Nous défendons la souveraineté alimentaire et le buen vivir