La Marche Mondiale des Femmes Suisse exprime son soutien total à la coordination irakienne de la Marche Mondiale des Femmes du Moyen Orient et d’Afrique du Nord suite au meurtre brutal d'une jeune fille de quinze ans dans la localité d'Al-Nahrawan. Ce crime a été commis par sa propre famille après qu'elle ait exprimé son refus de se marier de force avec l'un de ses cousins. Nous nous allions à nos sœurs en Irak pour dire qu’il est impératif de ne pas réduire cet acte à un simple conflit privé, car il s'agit d'un féminicide fondé sur le genre, révélateur d'un système patriarcal cherchant à contrôler la vie et les décisions des femmes et des filles en Irak.
Cette violence prend racine dans des structures sociales et tribales qui utilisent la notion d'honneur pour justifier des actes de domination masculine extrême. En Irak, la normalisation de ces comportements et l'acceptation sociale du meurtre créent un climat d'impunité pour les agresseurs. Nous rappelons, avec nos camarades irakiennes, que la liberté de disposer de son propre corps et de choisir son avenir est un droit fondamental qui ne devrait jamais être soumis à l'autorité familiale ou à des traditions oppressives.
Malgré les engagements internationaux pris par l'Irak, notamment à travers la Convention relative aux droits de l'enfant et la CEDAW, la réalité quotidienne des filles reste marquée par une absence de protection réelle contre les mariages précoces et les violences domestiques. L'inaction des autorités et le maintien de dispositions légales qui allègent les sanctions pour les crimes dits d'honneur font de l'État un complice moral de ces crimes.
Aux côtés de la coordination de la MMF en Irak, nous demandons que toutes les personnes impliquées dans cet assassinat soient traduites en justice, sans qu'aucune influence politique ou tribale ne vienne entraver la procédure. Il est urgent d'abroger les lois qui permettent de réduire les peines des meurtriers et de mettre en place des refuges ainsi que des cadres législatifs protégeant efficacement les citoyennes contre toutes les formes de coercition.
Nous refusons que le meurtre de femmes soit un jour considéré comme une spécificité culturelle que le monde devrait tolérer. La dignité humaine et le droit à la vie ne sont pas négociables. Nous continuerons de marcher et de lutter jusqu'à ce que chaque femme puisse vivre sans craindre pour sa sécurité ou sa liberté.


